"Tout est à vendre" déclare Bart Brackx, l'illustre "Monsieur Jetair", fils du fondateur de TUI Belgium. C'est en sa qualité de directeur de la division Europe de l'ouest de TUI AG (au sein de la mainstream), à laquelle appartient le marché français pour TUI dont le Groupe Nouvelles Frontières et Corsairfly, que Bart Brackx s'est exprimé au deuxième Forum d'EurAm.

La rédaction spécialisée des professionnels du tourisme, Tourhebdo, rapporte ses propos : "Tout est à vendre ! A ce jour, nous devons évaluer toutes les solutions. Il est certain que la compagnie a subi un environnement très difficile cette année, avec la crise sociale aux Antilles, son premier marché, et la crise politique à Madagascar. Le réseau des escales étant limité, il y a peu de destinations de report. C'est un modèle plus risqué".

A en croire le journal et Bart Brackx, la spécificité du modèle économique de Corsairfly, et ses dernières difficultés financières rencontrées, dérangeraient TUI au point d'envisager la vente de la Compagnie. La nouvelle fait immédiatement l'effet d'une bombe. Rapidement, Jean-Marc Siano, Président du Directoire du Groupe Nouvelles Frontières, et l'intéressé lui même (!), Bart Brackx, publie un démenti par la voie d'un communiqué de presse. Tous les deux précisent que TUI Travel tout comme Nouvelles Frontières n'ont pas l'intention de se séparer de leur filiale aérienne : les groupes n'ont "pas de projet lié à la vente de la compagnie aérienne du groupe, Corsairfly".

Pas de projets de vente, peut être. Une chose reste certaine et ne peut que crédibiliser la critique de Bart Brackx : Corsairfly se distingue. D'abord, au sein du Groupe, Corsairfly est aujourd'hui la seule des 7 Compagnies exclusivement orientée sur le long-courrier. A vrai dire, toutes ses consœurs n'opèrent même que des réseaux moyens-courriers (à l'exception des quelques lignes ponctuelles). Consécutivement, la flotte de Corsairfly semble alors atypique : des gros-porteurs (des B747-400 et A330-200), alors que le B737 ou le B757 sont actuellement le dénominateur commun des Compagnies de TUI. Ensuite, les ventes de Corsairfly tendent à se détacher de plus en plus des produits des tour-opérateurs maison. En effet, si au sein d'un groupe intégré comme TUI les compagnies ont pour principale vocation de servir leur tour opérateur (fait notable avec Jetairfly par exemple), Corsairfly multiplie la proportion de ses vols secs. Son exploitation régulière, et non charter, la démarque alors d'autant plus. Enfin, Corsairfly est, à l'instar de nombreux autres transporteurs, financièrement instable. Après un résultat net légèrement positif l'année dernière (11 millions d'euros pour 461 millions d'euros de chiffre d'affaire), Corsairfly vient tout juste de clôturer son bilan 2008/2009 dans le rouge. La recapitalisation récente du Groupe Nouvelles Frontières par TUI de 199 millions d'euros n'aura d'ailleurs eu que pour objectif d'apurer le passif de Corsairfly (et de Nouvelles Frontières).

Corsairfly dérangerait elle ? Corsairfly critiquable ? Pourquoi pas. De là à évoquer une possible vente... Le quotidien La Tribune admet dans ce sens que Bart Brackx "avait parlé un vite". Des questions restent cependant en suspend : pourquoi Bart Brackx a t-il tenu ces propos, pourquoi s'est-il lui même démenti... ? L'on regrettera en tout cas le si rapide et radical retournement de chemise du responsable de TUI, non sans conséquence pour Corsairfly, la Compagnie aérienne intrinsèquement unie à Nouvelles Frontières.

Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 16:11

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